Prélude
Dutty était le nom de l'avatar que j'utilisais sur un jeu de rôle en ligne. A l’époque, je n'étais qu'un lycéen boutonneux et pourvu d'un appareil dentaire, que seules les filles à problèmes osaient regarder. La nostalgie du collège me hantait. Cette grande époque où ma croissance rapide et l'absence de problèmes cutanés m’avaient permis d'attirer les plus jolies filles sans bouger le petit doigt était révolue. Je me sentais tel un vieux croulant qui sait que ses beaux jours sont derrière lui.
Du coup, je faisais tout pour être le plus transparent possible, parce que je pensais qu'en ne me faisant pas trop remarquer dans cette période difficile, j’aurais une chance de prendre ma revanche « plus tard ». Et en attendant ce moment, je trouvais mon réconfort dans un monde virtuel, où je vivais une vie idéale en incarnant ce personnage charismatique au physique irréprochable - dans la limite des capacités graphiques de ce que l'informatique permettait à l'époque, vous vous en douterez.
Les aléas de la vie font que je suis sorti de cette période, non sans mal, et que j'ai su me relever. Lycéen moyen, je n'ai pas eu de mention à mon bac S. Mais après quelques orientations chaotiques : comprenez maths sup', fac de physique et engagement dans la Marine Nationale, le tout en à peine plus d'un an (!), j'ai trouvé ma voie dans les sciences sociales.
Prendre du plaisir à aller en cours et à étudier vous permet assez rapidement de majorer votre promotion. C'est ce que qui m’est arrivé, et trois ans de suite. J’ai décroché avec beaucoup de regrets une mention Bien en licence, je n’étais qu’à un cheveu de la mention Très Bien - et croyez-moi, ce n'est pas chose aisée à Paris, où les mentions sont surélevées. Cela ne me suffisait pas, j’avais vraiment pris goût aux études. Une actualité plutôt sombre m’a fait découvrir la finance, vers laquelle je me suis dirigé en master afin d'y faire, pourquoi pas, carrière.
Ces cinq années d’études supérieures m'ont permis de reprendre confiance. J’avais chaque jour la preuve qu’en faisant quelque chose qui m’intéressait, je pouvais facilement réussir et être meilleur que les autres. J’ai également pu me remettre à fréquenter la gente féminine, qui était intéressée par l’étudiant brillant que j’étais devenu. Malheureusement, je n’avais jamais appris à conclure, et la plupart du temps, mes relations s’arrêtaient à de l’amitié quand je n’étais pas tout simplement utilisé pour les excellentes notes que mes travaux de groupe rapportaient - pour être tout-à-fait honnête, j'ai quand même eu quelques relations, mais jamais sérieuses ; je ne suis pas un parfait débutant, mais je n’ai jamais eu l’attitude alpha qui m’a permis de m’imposer dans mes couples.
En dernière année, il y a maintenant six mois, j’ai vécu une ultime déception amoureuse. Je pense que je la détaillerai plus tard, parce qu’elle est constitue une étape fondamentale dans ma volonté de changer. En effet, j'ai décidé de me prendre en main et de me fixer de nouveaux objectifs. Si le lycéen frustré avait disparu, ce n’était que pour laisser sa place à un étudiant dominé.
A 24 ans, il est temps pour moi de devenir un homme, un vrai. Dutty, le leader charismatique que je jouais il y a 10 ans doit refaire surface dans ma vie, ma vraie vie.
L’aube d’une renaissance
Sorti des bancs de ma fac parisienne, j’ai entrepris de m’exiler en province le temps afin de prendre un peu de recul et de préparer mon grand retour. Outre la perspective de m’ouvrir à une ville et une région que je connaissais peu (Rennes, la Bretagne…), j’avoue que j’aimais l’idée d’être grassement payé pour des horaires et un loyer assez modiques !
Ce temps et cet argent m’ont aidé à m’attaquer à mes objectifs, ambitieux pour sept mois :
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Valider mon diplôme : mes examens passés avec succès, mon responsable d’études m’a imposé un petit mémoire de recherche sur un thème imposé, dans le cadre d’un concours organisé par un grand cabinet d’audit.
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Refaire ma garde robe : je n’ai jamais été fan de shopping. Le manque de confiance en moi me faisait fuir les boutiques, et je ne faisais que des commandes dans les catalogues de La Redoute et des 3Suisses, une ou deux fois par ans pour acheter un pantalon ou un pull. Ma garde robe a donc un âge relativement avancé, et compte des tee-shirts qui datent du collège – j’ai arrêté de grandir à l’âge de 14 ans – et même un short de sport que j’avais eu pour mes 10 ans – lui-même commandé sur La Redoute ! Il me fallait donc acheter des vêtements casual à ma taille, et pas une ou deux tailles trop grandes comme j’avais pris l’habitude de porter, comme la plupart des hommes je pense… mais aussi des costumes ajustés pour aller travailler !
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Obtenir le permis de conduire : j’ai été inscrit à l’auto-école près de chez mes parents en banlieue parisienne, pendant mes études. Cependant, le temps et la motivation me manquaient et mon forfait a expiré avant même que je passe mon code !
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Attaquer la musculation : j’ai toujours été très sportif. J’ai commencé par le judo, je suis allé jusqu’à la ceinture bleue, mais ma mère m’a imposé d’arrêté ce sport qui me plaisait, après m’être durement blessé lors d’un entrainement. Je me suis donc mis à la natation et au water polo que j’ai pratiqué pendant une dizaine d’années, y compris pendant le lycée – je tournais à dix heures d’entraînement hebdomadaires et il m’arrivait même de sécher les cours pour assouvir ma soif de nage, ou pour récupérer d’un entraînement intensif
Plus récemment, je me suis mis au triathlon et à la course de fond, avec quelques semi-marathons à la clé, et l’objectif de finir le marathon de Paris en avril 2012.
Mais ces objectifs cachent en fait une volonté plus grande de prendre soin de moi et de ma vie.
La révélation
La sortie du film Crazy, Stupid, Love avec Ryan Gosling, la star montante du cinéma hollywoodien, a été pour moi une révélation. Je l’ai vu pour la première fois le samedi 17 septembre 2011 avec mon meilleur ami, Frank. Je l’ai vu une seconde fois deux semaines plus tard à Rennes.
Certes, l’histoire tourne vite en rond après une bonne heure de film. Mais la première partie est ma-gique, et donne beaucoup d’espoirs aux hommes moyens frustrés dont je pense faire partie (à un certain degré, je pense que mon cas est loin d’être le plus désespéré).
Jacob sera donc mon modèle, au moins dans la façon de m’habiller, au plus dans le succès qu’il a avec les femmes. Mais comme une piqûre de rappel, l’étudiant frustré habillé en bermuda un mardi soir, fin du mois de septembre à Rennes, a eu peur de répondre aux indicateurs d’intérêt qu’une 9/10 lui lançait avant la séance. La revanche sera d’autant plus terrible.
J’avais suivi avec plus ou moins d’assiduité la saison 1 des Rois de la drague sur MTV (Titre original : PickUp Artists, avec Mystery), et j’avais donc connaissance de l’existence de la communauté. A l’époque, j’avais même fait le tour du net pour me renseigner, sans être toutefois convaincu de l’efficacité des méthodes…
Pour l’anecdote, j’ai fait la rencontre d’un coach en séduction au cours de mes études, avec qui j’ai un peu traîné. Faudra que je reprenne contact avec lui, ça pourrait être sympa…
Bref, je me suis remis à fouiller, et j’ai découvert Art De Séduire, qui semble être la référence française de la séduction avec une très grande richesse en termes d’informations (articles, forum…). J’ai essayé des sites américains, mais je pense que les techniques américaines ne peuvent pas s’appliquer stricto sensu en France, en raison des différences culturelles.
C’est sur ce site que j’ai découvert des livres, comme How to become an alpha male de John Alexander, et bien sûr The Game de Neil Strauss. J’ai lu le premier en une semaine, et j’ai bien attaqué le second. Entre temps, j’ai dégotté Double Your Dating de DeAngelo, que semble recommander Neil Strauss dans son bouquin. En plus le principe du « matcho marrant » correspond parfaitement à ma personnalité.
Pour terminer ce long pavé, je dirais que je compte pratiquer le Game officiellement une fois par semaine (en bar ou en boîte, des lieux propices à sa pratique), mais également travailler mon aisance sociale en abordant mes voisines (et aussi mes voisins tiens !) dans l’ascenseur, ainsi que de parfaits inconnus dans la rue !
Je me fixe un à deux mois à ce rythme, mais je passerai nécessairement à la vitesse supérieure une fois que je serai bien installé sur Paris, en sortant deux à trois fois « officiellement », et en pratiquant des sessions de Street PickUp le samedi après-midi.
PS : mon goût prononcé pour les sciences sociales, ici la sociologie et la psychologie sociale, vont me pousser à tester des théories sur le terrain. Même si le Game reste un jeu, et donc un amusement, mon esprit cartésien me pousse toujours à émettre des hypothèses et à les vérifier (ou les infirmer) !